

Le mythe du basilic, cette créature chimérique souvent représentée comme un coq avec une queue de dragon et parfois des ailes, est un excellent exemple de l'évolution des légendes à travers les époques. Son histoire est fascinante car elle a considérablement changé entre l'Antiquité et le Moyen Âge.
À l'origine, le basilic n'est pas un coq. Il est décrit pour la première fois par des auteurs comme Pline l'Ancien dans son Histoire Naturelle.
Apparence :
C'est un serpent de petite taille, mais d'une puissance redoutable. Son nom, du grec basiliskos, signifie "petit roi", car il aurait une tâche blanche sur la tête en forme de couronne ou un petit diadème, ou simplement parce qu'il était considéré comme le roi des serpents.
Pouvoirs : Ses pouvoirs sont déjà terrifiants. Il n'a pas besoin de mordre pour tuer ; son venin est si puissant qu'il empoisonne l'air, et son regard est mortel, capable de faire flétrir les plantes et de réduire les pierres en poussière. Son souffle est également létal. La seule façon de le tuer est de l'exposer à l'odeur d'une belette ou de le faire s'empoisonner lui-même avec son propre venin en le projetant sur un miroir, une légende qui rappelle celle de Méduse.
C'est au Moyen Âge que le mythe évolue radicalement et que le basilic adopte la forme qui nous est la plus familière aujourd'hui.
L'origine du mythe :
La légende de sa naissance devient particulièrement grotesque et symbolique. On raconte qu'il naît d'un œuf pondu par un vieux coq (parfois âgé de 7 ans) et couvé par un crapaud ou un serpent. Cette origine contre-nature en fait une créature démoniaque, symbole de péché et de chaos.
Apparence physique :
Le basilic est désormais une chimère hybride :Tête, bec, crête et pattes de coq.
Le mythe du basilic a eu une influence considérable sur la culture et la religion au Moyen Âge.
Symbolisme religieux :
Le basilic est devenu un symbole du mal, du péché, et même du diable. Il est mentionné dans la Bible (Psaume 91), où il est foulé aux pieds par un guerrier du Christ, symbolisant la victoire sur le mal.
Symbole politique :
Il a aussi été utilisé sur les blasons de certaines familles nobles, comme les Visconti de Milan, pour symboliser un pouvoir foudroyant et royal.
Folklore et superstitions : Des histoires de basilics hantant des puits et des caves ont perduré dans le folklore européen, notamment à Bordeaux en France ou à Bâle en Suisse, où des coqs ont même été brûlés au bûcher pour avoir pondu des œufs censés engendrer des basilics.
Le basilic a traversé les âges pour s'ancrer dans l'imaginaire collectif. Sa représentation la plus célèbre reste celle du film Harry Potter et la Chambre des secrets, qui reprend la version antique du serpent géant au regard mortel, tout en s'inscrivant dans la lignée de la créature médiévale par son pouvoir unique et sa naissance liée à des forces obscures.