

Le "drac" est une créature du folklore français, particulièrement présente dans le sud de la France, notamment en Occitanie et dans la vallée du Rhône. Son histoire est riche et complexe, car il se situe à la croisée de plusieurs mythes et légendes.
Le mot "drac" est directement dérivé du latin draco, qui signifie "dragon" ou "grand serpent". Cependant, contrairement au dragon occidental cracheur de feu, le drac du folklore français est une figure beaucoup plus polymorphe et ambiguë.
Lien avec le dragon :
À l'origine, le drac est un "dragon des eaux". On le retrouve dans les légendes qui habitent les rivières, les lacs et les puits.
Le terme a été christianisé pour désigner le Diable ou une de ses manifestations. Il est souvent perçu comme une créature maléfique, un démon aquatique qui attire et noie les imprudents.
Une racine prélatine ; Certains linguistes suggèrent que le nom pourrait aussi être lié à une racine prélatine dur- ou dora qui se retrouve dans de nombreux noms de rivières (Durance, Drôme, etc.), renforçant son lien avec l'eau.
Le drac est une créature polymorphe, capable de prendre de nombreuses formes pour tromper ses victimes. Il est souvent un "génie des eaux" qui a la particularité de pouvoir se transformer.
Dans sa forme la plus primitive, il est un dragon ou un serpent aquatique. On raconte par exemple qu'un drac hantait les eaux du Rhône près de Mondragon et de Beaucaire.
Le drac "démon" ou "lutin" :
Il peut prendre l'apparence d'un homme séduisant pour attirer les jeunes filles, ou celle d'un animal (un âne, un mouton, un cheval) pour tromper les passants. En se faisant passer pour un animal égaré, il invite les gens à le monter, puis s'allonge démesurément pour les faire tomber et les noyer dans l'eau.
L'enchanteur malfaisant :
Il est capable de se rendre invisible pour enlever des enfants ou de jeter des sorts sur les lavandières qui s'aventurent seules au bord des rivières. La légende de la lavandière de Beaucaire, capturée par le drac pour qu'elle devienne la nourrice de ses enfants, est l'une des histoires les plus célèbres le concernant.
Le drac est une figure mythologique qui symbolise les dangers de la nature, en particulier ceux liés à l'eau.
Il est une personnification des courants traîtres, des tourbillons et des noyades inexpliquées. Les parents utilisaient les légendes du drac pour effrayer les enfants et les empêcher de s'approcher des rivières sans surveillance.
L'antagoniste de la civilisation : Dans les légendes où il est vaincu, le drac représente les forces du chaos et de la nature sauvage qui sont domptées par la civilisation et la foi chrétienne. Saint Bénezet, le constructeur du pont d'Avignon, aurait ainsi dompté un drac.
Un mythe à caractère moral : Les histoires du drac servent souvent de mises en garde morales, montrant que la curiosité, l'arrogance ou la désobéissance peuvent mener à la mort.
Aujourd'hui, le drac reste une figure emblématique du folklore français. Il a donné son nom à la rivière Drac, affluent de l'Isère, ainsi qu'à plusieurs villes et lieux-dits, témoignant de l'importance de ce mythe dans l'imaginaire populaire de certaines régions.