

Mokos (ou Mokosh) est la seule grande déesse féminine reconnue dans le panthéon slave ancien, associée à la terre, la fertilité, le destin et la protection des femmes. Elle incarne la figure de la « Mère nourricière » et fut honorée jusqu’à la christianisation de la Rus’ de Kiev .
Origines et culte
Nom et étymologie : Mokos (Мокошь en russe, Mokosz en polonais) est reliée à la racine slave mok- (« humide »), ce qui suggère un lien avec l’eau, la pluie et la fertilitéStatue à Kiev : Le prince Vladimir fit ériger une statue de Mokos vers 980, aux côtés de Perun et d’autres dieux, avant la conversion au christianisme en 988. Après cette christianisation, les statues furent détruites .
Culte populaire : Mokos était vénérée dans les foyers, protectrice des femmes, des mariages, des travaux domestiques (notamment le filage et le tissage) et des récoltes .
Attributs et symbolisme
Déesse de la terre et de la fertilité : Elle garantissait la fécondité des champs, des troupeaux et des femmes.
Gardienne du destin : Mokos était liée aux déesses du destin, comparée aux Moirai grecques ou aux Nornes nordiques. Elle présidait aux fils de la vie, symbolisés par le tissage
Protectrice des femmes : Elle veillait sur les tâches féminines (filage, broderie, cuisine), mais aussi sur la santé et la fécondité.
Iconographie : Souvent représentée avec une grande tête et de longs bras, parfois assimilée à une figure folklorique du nord de la Russie appelée Mokocha .
Héritage et survivances
Syncrétisme chrétien : Après la christianisation, Mokos fut parfois assimilée à la Vierge Marie ou à sainte Paraskeva, conservant son rôle de protectrice des femmes et de la terre
Mémoire culturelle : Dans les traditions populaires, elle reste une figure de la « Terre-Mère », garante de la prospérité et du cycle de la vie.
Comparaisons mythologiques : Comme Déméter en Grèce ou Cérès à Rome, Mokos incarne la fertilité et la continuité de la vie.
Points à retenir
Mokos est la seule grande déesse féminine du panthéon slave.
Elle incarne la terre nourricière, la pluie et la fertilité.
Son culte fut supprimé au XIe siècle, mais son image survécut dans le folklore et le christianisme populaire.