

Le serpopard est une créature mythique hybride, mi-léopard et mi-serpent, représentée dans l’art de l’Égypte prédynastique et de la Mésopotamie vers 3500–3000 av. J.-C.
Origine et représentations
Étymologie moderne :
le mot serpopard est un mot-valise formé de serpent et léopard. Les anciens Égyptiens ou Mésopotamiens n’avaient pas de nom connu pour cette créature .Premières apparitions : on retrouve des serpopards sur des palettes à fard égyptiennes (comme la célèbre palette de Narmer et celle de Nekhen/Hiérakonpolis) et sur des sceaux-cylindres mésopotamiens d’UrukIconographie : corps de léopard ou lion, long cou serpentiforme, tête reptilienne. Souvent représentés deux serpopards affrontés, leurs cous entrelacés, encadrant une dépression circulaire (utilisée pour broyer des pigments) .
Symbolisme
Chaos et forces sauvages :
le serpopard incarne les puissances indomptées de la nature et du désordre .Pouvoir royal : dans l’art égyptien, les pharaons sont souvent montrés maîtrisant ou encadrant ces créatures, ce qui symbolise leur rôle de garants de l’ordre face au chaosComparaison : en Mésopotamie, il rappelle d’autres chimères comme le Mushussu (dragon-serpent associé au dieu Marduk).
Importance historique
Époque prédynastique (vers 3200–3000 av. J.-C.) : les serpopards apparaissent dans un contexte de transition vers l’État pharaonique, où l’art visait à exprimer la domination et l’unification
Objets rituels :
leur présence sur des palettes à fard montre un lien entre cosmétique, rituel et pouvoir politique.
Transmission culturelle :
leur iconographie circule entre Égypte et Mésopotamie, témoignant des échanges artistiques et symboliques du Proche-Orient ancien .
En résumé
Le serpopard n’est pas un animal réel mais une chimère emblématique des débuts de l’art et du pouvoir en Égypte et Mésopotamie. Il illustre la lutte entre ordre et chaos, et son image sur des objets rituels souligne la volonté des souverains de dominer les forces sauvages pour instaurer la civilisation.