

La vouivre est une créature légendaire qui hante les traditions populaires, principalement dans l'Est de la France, en particulier en Franche-Comté (Jura, Doubs), en Bourgogne et en Lorraine, mais aussi en Suisse. Son nom est un dérivé du latin "vipera", qui signifie "vipère" ou "serpent".
La description de la vouivre varie selon les récits, mais elle présente généralement les traits suivants :
Un corps de serpent ou de dragon ailé : Elle est souvent décrite comme un grand serpent ou un dragon bipède avec des ailes de chauve-souris. Certains récits la présentent comme un long serpent sinueux, dont le corps vert se confond avec la végétation des sous-bois et des rivières.
L'escarboucle : La caractéristique la plus célèbre de la vouivre est le joyau qu'elle porte sur son front. Souvent appelé "escarboucle", ce rubis ou diamant d'une valeur inestimable sert de lanterne pour éclairer ses déplacements nocturnes. On dit que ce joyau est son unique œil, ce qui la rend aveugle lorsqu'elle le retire.
La vouivre est une gardienne de trésors, et son histoire tourne souvent autour de sa relation avec son précieux joyau :
La convoitise du joyau : L'escarboucle de la vouivre suscite la convoitise des hommes cupides qui tentent de s'en emparer. Cependant, la créature ne se sépare de son bijou que lorsqu'elle se baigne. C'est le moment de sa vulnérabilité, où elle le dépose sur la rive ou sous une pierre, devenant momentanément aveugle.
Les tentatives de vol : Les légendes regorgent d'histoires de paysans, de chasseurs ou de villageois audacieux qui tentent de voler le précieux rubis. Mais la quête de ce "Saint Graal comtois" est souvent fatale. La vouivre est une créature redoutable et vengeresse. Les voleurs sont tués par le monstre, ou bien le joyau devient un charbon ardent qui leur brûle la peau.
Au-delà du folklore, la vouivre est une figure mythologique riche en symboles :
La force tellurique et aquatique : En tant que créature liée à la terre et à l'eau, elle symbolise les forces de la nature, à la fois protectrices et dangereuses. L'écrivain Henri Vincenot l'a d'ailleurs associée au réseau souterrain des courants telluriques.